Alors qu’elle était une exception, la mesure instaurant l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri s’est finalement installée en mode de gestion normal de ces entités territoriales décentralisées. L’armée et la police gèrent de main de fer depuis près d’un quinquennat (5 ans).
Instauré depuis le 6 mai 2021, l’état de siège s’est adjugé un mode de gouvernance dans cette partie de l’Est de la République démocratique du Congo.
Cette mesure était censée réduire sensiblement la capacité de nuisance des groupes armés locaux et étrangers, qui écument cette région. 5 ans après, même l’état de siège ne sait plus sa mission.
Au Nord-Kivu, par exemple, en plein état de siège, les entités sont tombées les unes après les autres entre les mains des rebelles du M23-AFC et dans le pire de scenario, la ville de Goma, siège des instructions provinciales est entre les mains rebelles depuis près d’une année.
Ici encore, les groupes armés que cette mesure était censée combattre, sont devenus des alliés de l’armée loyaliste, formant un bloc face à l’avancée du M23-AFC dans des zones.
En Ituri, des groupes armés sont toujours actifs et plus cruels : l’exemple de la milice de la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO) n’est plus à démontrer ici, et l’avènement de la Convention pour la révolution populaire (CRP) de Thomas Lubanga ont accentué la violence dans la cette province.
Des efforts ont été fournis, mais les résultats tardent à arriver. Cinq après, une ordonnance présidentielle a prorogé ce samedi 17 janvier 2026, de 15 jours supplémentaires l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
La table ronde organisée du 16 au 17 août 2023 à Kinshasa sur l’état de siège, a été une rencontre sans conséquence, un passe-temps pour les différents acteurs qui en ont pris part. Au lendemain de cette rencontre, des autorités civils ont été nommées, mais ne sont jamais entrées en fonction.
Le 6 mai 2026, le Gouverneur militaire de l’Ituri, le Lieutenant-général Luboya N’kashama fêtera son premier quinquennat, alors que la province du Nord-Kivu a déjà connu trois Gouverneurs dans 5 ans : le Lieutenant-général Constant Ndima, rappelé pour des consultations à Kinshasa mais n’est jamais revenu ; le Lieutenant-général (à titre posthume, Ndlr), Peter Cirimwami, tombé sur la ligne de front autour de Goma dans des circonstances qui restent à déterminer ; et finalement, le Général-major Somo Kakule, qui est installé à Beni.
Des appels réclamant le départ de l’état de siège sont étouffés. Différents acteurs qui dénoncent l’incapacité de cette mesure, sont accusés à tort et au travers d’être en connivence avec« l’ennemi ».
La Rédaction






