L’année 2025 restera gravée comme une nouvelle période tragique dans l’histoire de l’Ituri, marquée par une recrudescence des attaques armées, des massacres de civils et des déplacements massifs de populations, attribués notamment aux milices CODECO, Zaïre, CRP et au groupe terroriste ADF.
Une multiplication d’attaques meurtrières…
Au premier semestre de 2025, les violences ont connu une intensification notable dans plusieurs territoires de l’Ituri, notamment Djugu et Irumu, faisant des centaines de victimes civiles.
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), plus de 200 civils ont été tués entre janvier et février 2025 lors d’attaques armées, et de représailles perpétrées par les miliciens de la CODECO et du groupe Zaïre, ainsi que par les Forces démocratiques alliées (ADF) dans les territoires de Djugu, Irumu et Mambasa.
Parmi les événements les plus choquants, le massacre de Komanda, survenu le 27 juillet 2025, qui a coûté la vie à au moins 43 civils dont des femmes et des enfants, lorsque des terroristes ADF, affiliés à l’État islamique, ont attaqué une paroisse de l’église catholique lors d’une veillée nocturne.
Attaques ciblées de la CODECO et des milices locales…
La Coopérative pour le développement du Congo (CODECO), active depuis des années dans le territoire de Djugu, a continué d’engendrer des pertes civiles élevées. Le 27 juin 2025, des éléments de la CODECO ont attaqué un camp de déplacés dans le village de Djangi, causant la mort d’au moins 11 civils dont des femmes et des enfants, et blessant plusieurs autres avant d’être repoussés par la MONUSCO.
Par ailleurs, des affrontements entre la CODECO et le groupe armé Zaïre, allié à la Convention pour la révolution populaire (CRP), ont également ensanglanté l’Ituri. Le 21 juillet 2025, une offensive menée par la CODECO contre des positions de Zaïre dans les localités de Nizi et Lopa, au nord de Bunia, a fait au moins 21 morts, majoritairement des civils, accentuant la peur et alimentant un climat d’insécurité généralisée.
Climat d’insécurité et déplacements…
Les violences n’ont pas seulement coûté des vies humaines, elles ont aussi provoqué de vastes déplacements de population. Fin septembre 2025, plus de 3 500 civils, dont des femmes et des enfants, ont trouvé refuge auprès d’une base de la MONUSCO à Gina (territoire de Djugu), fuyant des affrontements entre miliciens CODECO et combattants de la CRP, après des attaques contre des positions des Forces armées de la RDC.
Selon des sources locales, les attaques répétées de la milice CODECO et des rebelles de la CRP de Thomas Lubanga entre août et octobre 2025, ont coûté la vie à au moins 45 civils, incendié des centaines de maisons et forcé de nombreux habitants à fuir vers Bunia et ses environs, souvent dans des conditions humanitaires précaires.
Violences extrêmes dans l’Est de la province...
Le groupe Allied democratic forces (ADF) a continué d’étendre ses attaques violentes en Ituri. Au cours de plusieurs offensives, notamment en juillet 2025, les ADF ont été accusés par la MONUSCO d’avoir causé la mort d’au moins 82 civils dans l’Est de la RDC, y compris en Ituri, à la suite d’attaques en représailles contre des opérations militaires conjointes.
Ce type d’exactions, souvent menées au moyen d’armes légères et de machettes, s’est traduit par des massacres dans des zones rurales et lors de rassemblements civils, soulignant la vulnérabilité des populations dans les localités éloignées des grands axes sécurisés.
Un défi humanitaire majeur…
Face à cette insécurité persistante, l’Ituri fait face à une situation humanitaire alarmante, marquée par des besoins accrus en protection, en assistance sanitaire et en abris pour les familles déplacées.
Les organisations humanitaires et la MONUSCO ont multiplié les appels pour renforcer la sécurité des civils, dénonçant ainsi l’impunité dont profitent certains groupes armés, et la nécessité d’un retour à la paix durable.
Chadrack Byaruhanga depuis Bunia





