Des jeunes Peace Fellows, engagés pour la promotion de la paix et du vivre-ensemble, ont réuni jeudi 27 novembre à Goma, des anciens, des prêtres, des pasteurs, des étudiants, des jeunes entrepreneurs, des artistes et des délégués d’universités autour d’un dialogue intergénérationnel. L’activité, appuyée par Pole Institute, s’est tenue dans un esprit d’écoute et de respect mutuel, avec l’objectif de retisser les liens entre générations pour renforcer la cohésion sociale et contribuer à une paix durable en République démocratique du Congo.
Les discussions ont révélé les malentendus et les silences qui entretiennent la distance entre jeunes et anciens, mais aussi une volonté commune de se rapprocher.
Au fil des échanges, les participants ont soulevé plusieurs barrières qui freinent la transmission entre générations : incompréhension mutuelle, manque d’écoute, poids des traditions ou encore méfiance des jeunes envers les ainés. Les discussions ont permis d’ouvrir un espace de parole franc, où chacun a pu exprimer ses attentes, ses frustrations mais aussi sa volonté de changement.
« Nous avons toujours eu l’impression que les anciens nous regardent comme des rêveurs sans expérience. Aujourd’hui, je sens que ma voix compte », a témoigné un étudiant. Ce type d’initiative, selon lui, devrait se multiplier dans toutes les communautés.
Dans sa présentation, Yves Missie, jeune Peace Fellow et avocat au barreau du Nord-Kivu a proposé une série de stratégies pratiques pour reconstruire un lien de confiance entre les jeunes et les ainés . La première repose sur la restauration des espaces de dialogue, où jeunes et anciens peuvent se rencontrer régulièrement pour discuter des enjeux communautaires.
« Ces échanges ne doivent pas être un lieu d’autorité, mais de co-construction », a-t-il souligné. Il appelle ainsi les jeunes à cultiver le respect dû à leurs aînés, tout en encourageant ces derniers à adopter une posture d’écoute active et non de commandement.
Une autre approche mise en avant est la complémentarité dans l’échange des savoirs. Selon lui, « les aînés ont la prudence issue de l’expérience, les jeunes, la rapidité et l’innovation ». II prône ainsi une coopération réciproque : la jeunesse peut introduire les aînés aux outils numériques, pendant que ces derniers transmettent leur sagesse, leur gestion du temps et des relations humaines.
À l’issue de l’activité, chaque génération s’est engagée à maintenir ce pont de communication. Les anciens ont promis d’impliquer davantage les jeunes dans les décisions communautaires, tandis que les jeunes se sont engagés à jouer un rôle actif dans le renforcement du dialogue entre générations. Ils promettent d’écouter avec respect leurs aînés, de valoriser leur expérience tout en apportant leur énergie et leurs idées nouvelles, afin de construire ensemble une paix durable au sein de leur communauté.
Les Peace Fellows, initiateurs de cette rencontre, se sont engagés à assurer le suivi de ces recommandations dans les mois à venir, en élaborant un calendrier d’actions concertées avec les participants.
La Rédaction






