La formation de trois jours sur la justice transitionnelle a pris fin ce samedi 1 novembre à Beni, chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu. Réunissant principalement des victimes des massacres des ADF et des membres de la société civile, l’événement a culminé par une séance de détraumatisation originale et émouvante : la musique, offrant un moment de répit et d’oubli des souffrances vécues.
Organisée conjointement par Action pour le développement, l’éducation civique et la défense des droits humains (ADEC/DDH RDC) et Protection la femme et l’enfant (AFNAC), la formation portait sur :« La justice transitionnelle, un regard sur le passé violent et une promesse pour un avenir meilleur ».
Durant ces trois jours, les participants ont été outillés sur les quatre piliers fondamentaux de la justice transitionnelle : la recherche de la vérité, les poursuites pénales, les réparations ainsi que les garanties de non-répétition.
La satisfaction était palpable chez les participants.« Nous remercions les initiateurs de cette activité. Personnellement, j’ai aimé la matière centrée sur les 4 piliers de la justice transitionnelle. En tant que femme, la formation m’a aidé à connaître mes droits », a expliqué Madame Sandra Kang, l’une des participantes.
Un psychologue et la musique pour la détraumatisation
La journée de clôture a été spécifiquement conçue pour apporter un soutien émotionnel crucial aux participants. M. Karpate Tulinabo, coordonnateur de l’ADEC/DDH RDC a souligné l’importance de cette approche :
« Il y a un psychologue qui est intervenu pour donner des conseils afin qu’on essaie de détraumatiser les victimes, sachant que la population de Beni est traumatisée avec les différents massacres qui se commettent en ville et territoire de Beni. C’est pour cette raison que la journée d’aujourd’hui a été consacrée à une séance de dé-traumatisation », a-t-il laissé entendre.
C’est ainsi que les participants se sont« déstressés avec la musique »,un choix délibéré des organisateurs pour leur permettre d’alléger le poids de leurs traumatismes. Cette méthode douce et participative a ramené de la joie immense sur les visages, concluant l’atelier sur une note d’espoir et de résilience.
Les organisateurs se disent convaincus qu’au travers de cet atelier, les victimes ont désormais une meilleure compréhension des mécanismes de la justice transitionnelle pour faire face à leur passé, et œuvrer pour un avenir plus juste.
Yannick Warangasi






