La Démocratie chrétienne fédéraliste-Nyamwisi (DCF-N) déplore la persistance des massacres de civils dans les territoires de Beni, Lubero (Nord-Kivu) et d’Irumu-Mambasa (Ituri), attribués aux terroristes ougandais de l’ADF. Elle appelle à une réaction urgente et collective du gouvernement et de la population face à cette situation.
Dans une déclaration politique rendue publique mercredi 10 septembre à Kinshasa, le Président national de ce parti, Simon Muhayirwa Kazungu constate avec regret que la situation sécuritaire prend une ampleur inquiétante, « après des initiatives d’évaluation des opérations conjointes FARDC/UPDF et la permutation opérée au sein des commandements militaires dans les deux provinces, prenant l’allure de sabotage avéré des efforts des autorités nationales et provinciales du Nord-Kivu et de l’Ituri ».
Dans ce document, la DCF-N exprime sa solidarité envers les familles endeuillées et appelle l’État à accorder au phénomène ADF, une attention égale à celle portée à la guerre contre le M23 ou aux événements sportifs nationaux.
Le parti propose de ce fait la mise en place d’un cadre d’évaluation permanent des opérations militaires élargi aux forces vives locales pour améliorer les interventions sur le terrain, le renforcement de la collaboration entre députés provinciaux et autorités locales dans les zones sous état de siège, ainsi qu’une gestion transparente des ressources affectées à la sécurisation de la région.
Elle appelle la communauté internationale à s’impliquer davantage dans la lutte contre les crimes commis dans cette partie du pays, et alerte sur le risque d’implosion sociale si la situation reste inchangée. Elle insiste sur l’importance de restaurer la confiance entre les populations et les institutions publiques.
Les massacres des civils s’intensifient dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Le plus récent a été signalé dans la nuit du lundi 08 au mardi 09 septembre au village de Ntoyo, à environ 7 kilomètres de Njiapanda en territoire de Lubero, où plus de 70 civils ont été sauvagement tués, des maisons et véhicules incendiés, et des civils portés disparus. Ces civils avaient été surpris en pleine veillée mortuaire dans le village. Dans la même nuit, 18 autres civils avaient été massacrés à Fotodu, un village situé à 17 kilomètres de la commune d’Oïcha, en territoire de Beni.
Claudine Mulengya




