L’exercice illégal de la kinésithérapie par des personnes non qualifiées constitue une préoccupation majeure dans la province de l’Ituri, au Nord-Est de la RDC. Cette pratique, qui nuit à la réputation de la profession et met en péril la santé des populations, a été dénoncée par Fiston Kasereka, président adjoint de l’Union des kinésithérapeutes du Congo, section Ituri, à l’occasion de la Journée internationale des kinésithérapeutes.
Ces praticiens clandestins se donnent à pratiquer des massages dans des zones où la mobilisation est proscrite, notamment en cas de fracture. Ces actes, formellement contre-indiqués dans de telles situations, risquent d’aggraver les lésions et de compromettre la guérison des patients.
Au-delà de ces pratiques dangereuses, Fiston Kasereka a déploré un manque d’information chez la population quant au rôle et aux compétences spécifiques des kinésithérapeutes diplômés. Cette méconnaissance peut entraîner une mauvaise orientation des patients, et une sous-estimation de l’expertise des professionnels qualifiés.
La situation est d’autant plus critique que l’Ituri ne compte que 12 kinésithérapeutes pour une population nécessitant un professionnel par centre de santé.
Vers un encadrement renforcé de la profession
Pour contrer ce phénomène, la création prochaine de l’Ordre des kinésithérapeutes est annoncée. Cet ordre aura pour mission de mettre en place des mesures réglementaires pour structurer et encadrer le secteur.
« La création de cet Ordre est une étape cruciale pour valoriser la profession, reconnaître son importance et garantir des soins de qualité et sécurisés à tous les citoyens », a souligné Fiston Kasereka.
Il a appelé à une mobilisation générale pour sensibiliser la population et promouvoir le respect des normes professionnelles, rappelant que « chaque patient mérite un traitement adéquat, dispensé par un kinésithérapeute qualifié ».
Un appel est lancé à la population de Bunia et de toute la province de l’Ituri pour qu’elle consulte systématiquement des professionnels de santé qualifiés dès l’apparition de problèmes de santé, et qu’elle évite de recourir à des personnes non habilitées.
Le CICR, un partenaire engagé dans la réhabilitation physique
De son côté, Alejandra Hernandez Quessada, déléguée santé du CICR à Bunia, a précisé l’implication du Comité international de la Croix-Rouge dans ce domaine. Par le biais de programmes de réhabilitation physique, le CICR aide les personnes vivant avec un handicap, notamment les victimes de conflits, avant d’expliquer ces actions, rendues possibles par un partenariat avec le Centre hospitalier de Rwankole et la Division provinciale de la Santé, ont permis la mise en place d’un service de réhabilitation orthopédique conforme aux standards internationaux.
Elle a également souligné que le CICR soutient également les kinésithérapeutes de l’Ituri dans leur réflexion et leur sensibilisation, notamment chaque fois durant la marge de la Journée internationale de la Kinésithérapie, afin de renforcer leur niveau professionnel et de promouvoir les bonnes pratiques.
La Journée internationale de la kinésithérapie, célébrée le 8 septembre sous le thème « Le rôle de la kinésithérapie et de l’activité physique dans le vieillissement en bonne santé », a été organisée par le Centre de réhabilitation orthopédique de Bunia (Synergie Simama), avec le soutien logistique et financier du CICR.
La Rédaction




