Six jours après, les activités demeurent paralysées dans la ville d’Uvira, capitale provinciale provisoire du Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo. Pour cause : la nomination du Général Olivier Gasita à la tête des opérations et renseignements de la 33e région militaire au Sud-Kivu et Maniema.
Ce lundi, les rues ont été inondées avec des manifestants, qui ne jurent que par le retrait de la décision nommant le Général Olivier Gasita. Encadrés par des résistants Wazalendo, hommes, enfants, jeunes et enfants ont envahi différentes artères, répondant à l’appel des forces vives et des groupes de jeunes resistants, a des journées « ville morte ».
Les manifestants reprochent au Général Olivier Gasita d’avoir cédé la ville de Bukavu, tombée entre les mains de rebelles du M23-AFC en février dernier. « Gasita doit partir. Il faut qu’ils envoient une autre personne à Uvira », insiste un membre de la société civile locale, lors d’un meeting organisé dans la ville d’Uvira.
« Nous exigeons à l’État congolais le départ du Général Gasita », affirme-t-il, rejetant les accusations ayant trait à ce refus catégorique de la population, en raison des origines ethniques du Général Gasita.
« C’est faux. On refuse le Général Gasita parce que tout simplement il est parmi les commandants qui avaient abandonné des zones stratégiques du Sud-Kivu », rappelant que les mêmes actions avaient été initiées contre le Général Yav.
Durant les semaines passées, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les résistants Wazalendo se sont retournés les canons, avant qu’un compromis ne soit trouvé pour retablir la confiance entre ces troupes engagées au front contre le M23-AFC.
Cette cacophonie expose clairement la ville d’Uvira. La hiérarchie a le choix entre céder aux caprices des forces vives et maintenir sa décision et ainsi, perdre la ville d’Uvira, qui ouvre la voie à Kalemie et d’autres provinces du Sud-Est de la République démocratique du Congo.
Le porte-parole de l’armée congolaise, le Général-major Sylvain Ekenge avait laissé entendre que ces journées « ville morte » constituaient une « manoeuvre des ennemis de la République » avec en ligne de mire, la rébellion du M23-AFC.
Guerschom Mohammed Vicci




