La famille du policier Fiston Kabeya peine à tourner la page, cinq mois après la mort de cet élément de la Police de circulation routière, enlevé et brutalisé par la garde de la Première ministre Judith Suminwa à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
Le policier Fiston Kabeya, commis à la régulation de la circulation routière sur le boulevard Colonel Mondjiba à Kinshasa/Ngaliema, a été enlevé en plein service avant d’être embarqué dans une Jeep de la Police nationale congolaise (PNC), et acheminer vers une destination inconnue.
Fiston Kabeya subira alors selon l’organisation des droits humains Voix de sans voix (VSV), des traitements cruels, inhumains et dégradant. Partagé entre coups des crosses d’armes à feu à la tête et d’autres maltraitances, le policier trouvera finalement la mort.
Son seul crime : avoir intercepté un convoi de la Première ministre Judith Suminwa, qui roulait en sens inverse. La scène ayant conduit à sa mort, filmée a été largement partagée sur les réseaux sociaux, avait provoqué l’indignation du public.
Dans ce contexte, le Cour militaire de Kinshasa/Gombe avait alors ouvert un procès le 04 avril, pour homicide involontaire et violation des consignes à l’encontre de sept policiers commis à la garde de la Première ministre.
Lors du procès du 12 mai dernier, le Médecin légiste, le Général d’armées et professeur d’Universités, Tshombo Hondo avait expliqué devant la Cour militaire de Kinshasa/Goma que le policier était mort de suite de l’hémorragie cérébrale.
Pour lui, cette hémorragie survient souvent « lorsque la tension dans les vaisseaux du cerveau dépasse la résistance, ce qui provoque l’éclatement des vaisseaux ou à la suite d’une onde de choc ».
En ce qui touche au cas du policier Fiston Kabeya, le légiste avait laissé entendre que « nous avons trouvé effectivement qu’il y avait au niveau du cuir chevelure, du sang qui ne pouvait pas s’y trouver. C’etait un endroit anormal pour le sang ».
Ces policiers, jugés dans une procédure de flagrance à la Cour militaire de Kinshasa/Gombe, ont été condamnés à des peines allant de cinq à vingt ans de servitude pénale principale.
Cinq mois après, des interrogations demeurent sur le motif de retention du corps du policier Fiston Kabeya à la morgue par les autorités à différents niveaux.
Mort depuis le 25 mars dernier, la dépouille du policier Fiston Kabeya repose à la morgue de l’Hôpital militaire central du camp Kokolo de Kinshasa/Bandalungwa, ex Hôpital Maman Bobiladawa.
Guerschom Mohammed Vicci




