76 prêtres catholiques membres de la fraternité des prêtres séculiers de Bunia, en Ituri, ont officiellement formulé dans une déclaration rendue publique jeudi 21 août, leur demande de levée « immédiate » de l’état de siège, en vigueur depuis 2021.
Selon ces prêtres, l’état de siège n’a pas produit les résultats escomptés, notamment en ce qui concerne le rétablissement de l’autorité de l’État et la garantie de la paix et de la sécurité des civils. Pour preuve, ils citent la détérioration de la situation sécuritaire marquée par des tueries, arrestations et détentions arbitraires, extorsions, menaces et tortures touchant les communautés locales depuis juillet dernier.
Face à cette déterioration, ces clergés réclament l’organisation d’enquêtes « crédibles » afin d’arrêter et juger sans distinction, tous les auteurs des crimes commis dans la province.
Dans les mêmes lignes, la fraternité des prêtres séculiers dénonce le fait que ces violences ont même atteint l’Église catholique. Elle a rappelé la profanation de la paroisse Saint Jean de Capistran à Lopa par des miliciens Codeco, ainsi que l’attaque meurtrière attribuée aux ADF contre la paroisse Bienheureuse Anuarite de Komanda, survenue il y a quelques semaines.
En outre, Ia fraternité des prêtres séculiers de Bunia a Illustré sa plainte par de nombreux enlèvements de civils sans défense et par la profanation, le 19 août dernier, de la Propédeutique Saint Kizito de Bunia.
Pour la fraternité, ces faits témoignent de l’inefficacité des forces de l’ordre, de l’échec de l’état de siège, et de l’inaction de la Mission onusienne en République démocratique du Congo (Monusco).
Ces prêtres séculiers exigent ainsi le départ des Casques bleus de la MONUSCO de l’Ituri, dénonçant leur incapacité à protéger les civils face aux massacres, et appelle les Forces armées de la RDC (FARDC) à traquer tous les groupes armés sans distinction.
En réponse aux accusations, la MONUSCO, citée par Radio Okapi a rappelé à la fraternité des prêtres séculiers, qu’elle agit dans le cadre d’un mandat défini par le Conseil de sécurité des Nations unies, en appui aux autorités nationales.
La mission a souligné qu’elle ne dispose pas de pouvoir exécutif autonome, mais travaille en partenariat avec les institutions congolaises pour renforcer la protection des civils et promouvoir la paix en RDC.
Marcus Akenda




