Le Président Félix Tshisekedi sera peut-être contraint de composer avec la rébellion du M23-AFC, pour permettre la résolution pacifique de la crise sécuritaire en cours dans l’Est de la République démocratique du Congo.
C’est ce que laisse sous entendre le projet d’accord de paix soumis par Doha à Kinshasa et à l’AFC-M23, consulté par le média Jeune Afrique.
À en croire nos confrères, la résolution du conflit passe par trois phases, qui s’étalent sur 7 mois à compter de la date de la signature de l’accord de paix global.
La première devra servir pour la formation d’une « force spéciale », qui sera sous l’autorité du Vice-premier ministre en charge de l’intérieur. Cette force sera composée de 50% de membres venant de la rébellion du M23-AFC, qui devra collaborer directement avec la Police nationale congolaise.
Sa mission : intervenir dans des zones « affectées » dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Le projet accorde un mandat de cinq ans renouvelable, avant une probable intégration dans les rangs des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC).
Le point sensible du projet de l’accord de paix reside sur le retablissement de l’autorité de l’État dans les zones occupées par le M23. La médiation propose l’encadrement du retour de l’autorité de l’État. Néanmoins, cette posture divise les deux parties. Kinshasa tient au retrait des rebelles, alors que ceux-ci affirment chaque fois qu’ils ont l’occasion, leur intention de ne pas quitter les zones qu’ils contrôlent dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
Qatar estime que ce retour à l’ordre constitutionnel passe par la nomination d’autorités intérimaires par le Gouvernement, sans exclure les candidatures des personnes qui seront suggérées par l’AFC/M23. Cet intérim s’étendra jusqu’à 2027, année fixée pour l’organisation des élections dans la zone.
Le dialogue national longtemps réclamé par l’opposition, revient sur la scène. Le projet d’accord de paix place le dialogue en 2026, bien que souvent repoussé par le Président Félix Tshisekedi, qui multiplie de manoeuvres pour bloquer la tenue de ces pourparlers à l’interne.
Guerschom Mohammed Vicci




