La décision du ministère de l’Éducation nationale d’autoriser les élèves enceintes à poursuivre leur scolarité a déclenché une vive opposition dans les villes de Beni et Butembo, situées dans la province du Nord-Kivu. Cette mesure, visant à garantir la continuité de l’éducation pour ces jeunes filles, rencontre un fort scepticisme de la part de certains acteurs du monde éducatif et des représentants d’élèves dans la région.
Des représentants d’élèves s’inquiètent de la banalisation des grossesses précoces
À Butembo, Kulimushi Chrispin, représentant de la coordination du comité d’élèves, exprime de sérieuses réserves quant à cette nouvelle politique. Selon lui, cette décision pourrait involontairement « banaliser les grossesses précoces », et porter atteinte à « l’équilibre moral et psychologique » au sein des établissements scolaires. Il craint que la présence d’élèves enceintes n’entraîne des conséquences négatives sur l’environnement éducatif dans son ensemble.
Son homologue de Beni, Jeannot Kangwana partage cette préoccupation, et rejette également la mesure dans sa forme actuelle. Il propose plutôt des solutions alternatives telles que la mise en place de « classes spéciales » ou de « centres d’encadrement adaptés aux jeunes mères ». Kangwana insiste par ailleurs sur la nécessité d’une « large concertation » avant toute application, impliquant activement les élèves, les enseignants et l’ensemble des partenaires du secteur éducatif.
Des enseignants appellent à des stratégies de prévention et d’éducation
Parmi les voix critiques figurent également des enseignants. Merveille Mutetso, par exemple, dénonce une politique qui selon elle, serait « calquée sur des modèles occidentaux » et « déconnectée des réalités locales ». Elle estime que l’accent devrait plutôt être mis sur le « renforcement de l’éducation à la vie », et sur le développement d’une « vraie stratégie de prévention des grossesses précoces » au sein des écoles.
Pour les enseignants comme Mutetso, la priorité devrait être de doter les élèves des outils et des connaissances nécessaires pour faire des choix éclairés, et éviter ces situations dès le départ.
Cette divergence de vues met en lumière les défis complexes liés à la prise en charge de la grossesse en milieu scolaire, particulièrement dans un contexte où la prévention des grossesses précoces reste un enjeu majeur. Les débats promettent de se poursuivre dans la région.
Richard Maliro






