Les rues de Fataki, dans le territoire de Djugu en Ituri, ont été le théâtre de violents affrontements les 19 et 20 mars 2025, opposant l’armée ougandaise (UPDF) aux miliciens de la Coopérative pour le Développement du Congo (CODECO).
Le bilan est effroyable : au moins 242 miliciens de la CODECO ont été tués, selon les chiffres communiqués par l’UPDF, transformant la cité en un véritable champ de bataille.
L’armée ougandaise a lancé une offensive d’une rare intensité en réponse aux attaques répétées de la CODECO contre ses positions. Le Colonel Chris Magezi, porte-parole de l’UPDF, a déclaré sur son compte X :
« Les milices ont attaqué nos forces mercredi et jeudi matin (18-19 mars 2025), mais ont été repoussées à chaque fois, subissant de lourdes pertes. Trente et un miliciens ont été tués au combat mercredi, et 211 autres sont morts jeudi matin. L’UPDF » a déploré un mort et quatre blessés.
Ces affrontements s’inscrivent dans un contexte de conflit complexe et meurtrier qui ravage l’Ituri depuis des années. L’UPDF, déployée en RDC dans le cadre de l’opération « Shujaa » pour traquer les Forces démocratiques alliées (ADF), accuse la CODECO d’avoir noué une alliance avec ce groupe terroriste et d’intensifier ses attaques contre les communautés locales, en particulier l’ethnie Hema.
Le silence assourdissant des autorités congolaises :
Malgré l’ampleur des pertes humaines et la gravité de la situation, le gouvernement congolais, tant au niveau provincial que national, reste silencieux. Seul un militaire congolais blessé a été évacué vers Bunia par la MONUSCO, témoignant de la présence de forces congolaises sur le terrain, bien que leur rôle exact reste flou.
La présence de l’UPDF en Ituri, justifiée par la lutte contre les ADF, suscite des interrogations et des critiques. Certains observateurs s’inquiètent de l’impact de cette présence sur la stabilité de la région et de son rôle dans l’escalade de la violence.
Ces nouveaux affrontements risquent d’aggraver une crise humanitaire déjà catastrophique. Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées par les violences et vivent dans des conditions précaires.
Les organisations humanitaires craignent que ces combats n’entraînent de nouvelles vagues de déplacements et n’aggravent la souffrance des populations civiles.
Yannick Warangasi






