Dans les sites de déplacés de la province de l’Ituri, les menstruations demeurent une épreuve difficile pour de nombreuses adolescentes et jeunes femmes. Faute de moyens financiers et d’accès aux produits hygiéniques adaptés, plusieurs d’entre elles sont contraintes de recourir à des solutions de fortune, qui mettent leur santé et leur éducation en péril.
Selon madame Banura Sumbuso, coordonnatrice de la mutuelle de santé communautaire Santé ma priorité (SAMAPRI), l’accès à l’hygiène menstruelle reste un défi majeur pour les filles déplacées, vivant dans des conditions de grande précarité.
« Les principaux défis auxquels les filles déplacées sont confrontées pendant leurs menstruations sont le manque d’informations sur la santé menstruelle et l’absence de moyens adéquats pour gérer cette période », explique-t-elle.
Dans les sites d’accueil, où les familles peinent déjà à satisfaire leurs besoins essentiels, l’achat de serviettes hygiéniques figure rarement parmi les priorités. Cette réalité pousse de nombreuses adolescentes à utiliser des morceaux de tissus usagés, de vieux vêtements ou d’autres matériaux inadaptés.
Pour cette actrice sociale, cette situation expose les jeunes filles à divers risques sanitaires, notamment des infections liées au manque d’hygiène et à l’utilisation de protections non appropriées.
Au-delà des conséquences sur la santé, les difficultés liées à la gestion menstruelle affectent également le parcours scolaire de nombreuses adolescentes. Certaines préfèrent s’absenter des cours durant leurs règles, tandis que d’autres abandonnent progressivement l’école en raison de la peur des moqueries ou de l’embarras causé par des incidents liés à une mauvaise gestion menstruelle.
« Cette situation entraîne souvent un sentiment de honte, une baisse de l’estime de soi et une faible participation aux activités communautaires », regrette madame Banura Sumbuso.
Face à cette problématique, elle plaide pour le renforcement des actions de sensibilisation sur la santé menstruelle, et la distribution régulière de kits d’hygiène aux filles déplacées.
Elle estime également qu’un accompagnement adéquat sur l’utilisation et la conservation des serviettes hygiéniques est indispensable pour améliorer les conditions de vie de ces adolescentes.
« L’hygiène menstruelle fait partie intégrante de la santé reproductive. Les autorités, les partenaires et les organisations humanitaires doivent renforcer leurs interventions afin d’améliorer l’accès à l’information et aux produits adaptés », recommande-t-elle.
Dans une province encore marquée par les déplacements de populations dus à l’insécurité, la question de l’hygiène menstruelle demeure souvent reléguée au second plan. Pourtant, pour des milliers de filles déplacées, elle constitue un enjeu fondamental de dignité, de santé et d’accès à l’éducation.
Créée pour promouvoir l’accès aux soins de santé communautaire, la mutuelle Santé ma priorité (SAMAPRI) poursuit ses actions de sensibilisation et d’accompagnement en faveur des populations vulnérables de l’Ituri.
Chadrack Byaruhanga, depuis Bunia




