Le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, est de nouveau frappé par une tragédie sécuritaire. Dans la nuit du mardi 19 à ce mercredi 20 mai, une attaque attribuée aux Forces démocratiques alliées (ADF) a coûté la vie à au moins 17 civils dans le village d’Alima, situé à environ 7 kilomètres au nord de Biakato-centre, en chefferie de Babila-Babombi.
Les victimes comprennent cinq membres de la communauté autochtone pygmée, un drame qui suscite une vive émotion au sein de la population locale. Les assaillants, au-delà des pertes humaines, ont causé d’importants dégâts matériels : un hôtel a été incendié, plusieurs kiosques réduits en cendres, trois motos brûlées et du bétail emporté.
Des témoins rapportent que des mouvements suspects des ADF avaient déjà été signalés dans les alentours d’Alima depuis le mardi. Deux civils auraient même été exécutés avant l’attaque principale, laissant la communauté dans un état de choc.
« L’ennemi a poursuivi son incursion dans cette partie de la chefferie de Babila-Babombi », a déclaré une source locale, ajoutant que malgré les alertes envoyées aux services de sécurité, les terroristes ont continué leur progression sans être stoppés. Ce manque d’intervention rapide est vivement critiqué par les habitants.
La situation sécuritaire dans le territoire de Mambasa reste préoccupante. Moins de 24 heures après le massacre d’Alima, une nouvelle attaque avait été signalée à Manyama, faisant au moins deux morts parmi les civils, selon un bilan provisoire.
Face à cette escalade de violence, les acteurs de la société civile expriment de vives inquiétudes quant à la progression de ces terroristes dans plusieurs villages environnants tels que Kundu, Pakwida, Kasoko, Mitume, Lelesi, Luhindi, Mabangungu et Dondola.
« Nous appelons la population à la vigilance. Les rebelles avancent. Il est primordial d’informer rapidement les services de sécurité et d’éviter les déplacements isolés dans cette zone », a averti Peresi Mamboro, membre de la Nouvelle société civile du territoire de Mambasa.
Le bilan définitif de l’attaque d’Alima reste encore flou, avec plusieurs habitants toujours portés disparus et certaines zones demeurant difficilement accessibles, en raison de l’insécurité persistante.
Cette attaque souligne une fois de plus la fragilité de la situation sécuritaire dans le territoire de Mambasa, frontalier de la province du Nord-Kivu, et met en lumière les défis auxquels font face les opérations militaires menées contre les ADF dans la région.
Chadrack Byaruhanga





