À l’issue d’une visite de trois jours, du 11 au 13 avril, notamment à Kigali et Musanze, avec des chefs religieux du Sud-Kivu et des chefs coutumiers venus de deux provinces du Kivu, la Conférence des hommes de Dieu et des Églises pour la réconciliation et la paix dans la sous-région des Grands Lacs (COHDERP) a organisé lundi à Kamembe, au Rwanda, des assises consacrées à la question de la paix.

Le Bishop Félix Gakunde, président de la COHDERP, a inscrit cette rencontre dans le cadre d’une réflexion approfondie sur la recherche de la paix. « En tant qu’hommes de Dieu, nous devons prendre des décisions pour que notre société vive en paix », a-t-il déclaré, soulignant que celle-ci constitue un pilier essentiel du développement économique et de la sécurité.
« On peut tout posséder, mais sans paix, on n’a rien », a-t-il insisté, rappelant que l’un des principaux défis attendus des leaders religieux est de contribuer au rétablissement de la paix dans la sous-région des Grands Lacs.

Le premier intervenant, l’évêque Sylvestre Bahati du diocèse anglican de Bukavu, au Sud-Kivu, a centré son intervention sur la cohésion sociale et le vivre-ensemble entre les différentes communautés de la région. Il a passé en revue les initiatives menées au sein de l’Église anglicane en faveur de la paix, au-delà de l’assistance apportée aux populations victimes des conflits.
L’évêque Sylvestre Bahati a également appelé à une mobilisation collective, invitant toutes les forces vives à s’impliquer dans la recherche de la paix. Il a notamment évoqué le rôle clé des chefs coutumiers, en raison de leur influence au sein des communautés.

Le second intervenant, historien, est revenu sur l’histoire des communautés de la région des Grands Lacs, soulignant leurs origines communes. Selon lui, rien ne justifie les conflits qui opposent ces communautés.
Plusieurs thématiques ont ensuite été abordées en groupes de travail. Parmi les sujets majeurs figurait la question des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), considérées comme l’une des principales causes de l’insécurité dans la sous-région.

Le refus de leur retour au Rwanda a été expliqué notamment par le poids des accusations liées au génocide, la crainte de poursuites judiciaires, la persécution de leurs leaders, ainsi que par le soutien dont ces groupes bénéficieraient de la part de certains acteurs politiques congolais.
À l’issue de ces assises, plusieurs résolutions ont été adoptées. Les participants, chefs religieux et coutumiers, ont notamment appelé à privilégier le pardon, à promouvoir la mémoire à travers des monuments ou des forums de vérité, à signer un pacte de non-recours à la violence, et à transformer les sites de souffrance en centres de formation ouverts à toutes les communautés.
Lors de la clôture, le Bishop Félix Gakunde a plaidé pour l’organisation, dans les prochains mois, d’une nouvelle rencontre afin d’évaluer la mise en œuvre des résolutions adoptées.
Guerschom Mohamed Vicci




