Dans une récente déclaration médiatique, le notable du Nord-Kivu, Muhayirwa Kazungu Simon a vivement déploré le massacre de plus de 50 civils à Bafwakoa, situé à 148 kilomètres de Mabasa, dans la province de l’Ituri, dans une attaque attribuée aux terroristes ADF.
Ces derniers, sous pression de la coalition FARDC-UPDF dans les territoires de Beni au Nord-Kivu et d’Irumu en Ituri, semblent désormais migrer vers le territoire de Lubero, notamment dans le secteur de Bapere, ainsi que dans les zones reculées de Mambasa, des régions jusqu’alors non couvertes par l’opération « Shujaa ».
Cette situation suscite, selon Simon Kazungu, de nombreuses interrogations sur l’avenir de l’opération « Shujaa », menée par la coalition FARDC-UPDF depuis novembre 2021 au Nord-Kivu.
« Cette opération semble efficace uniquement dans les territoires frontaliers de l’Ouganda. La population se demande si elle ne sert pas uniquement à empêcher les rebelles d’opérer sur le sol ougandais. De plus, à un moment donné, ces militaires ougandais, déjà très nombreux sur le sol congolais, ne risquent-ils pas de tourner leurs canons contre la RDC ? », s’interroge Simon Kazungu.
Kazungu estime donc que le gouvernement congolais doit clarifier sa collaboration avec l’armée ougandaise et surtout, adopter une position ferme face aux déclarations de Muhoozi Kainerugaba, le fils du président ougandais Museveni et chef d’État-major général de UPDF.
Il appelle à une transparence accrue et à une protection renforcée des civils, afin de garantir la sécurité et la stabilité dans cette région en proie à l’insécurité.
Pour rappel, les ADF ont tué une cinquantaine de personnes dans la nuit du mercredi 1er au jeudi avril dernier dans le village de Bafwakoa, situé dans le territoire de Mambasa. Peu avant, ces ADF avaient attaqué quatre autres villages, emportant plusieurs dizaines d’otages.
Richard Maliro




