Après une année d’intervention dans la zone de santé de Karisimbi, en ville de Goma, et dans le territoire de Nyiragongo, soit du 1er mars 2025 au 28 février 2026, l’organisation ALIMA (The Alliance for international médical action) a clôturé ce vendredi son projet, marquant ainsi son désengagement.
En marge de cette clôture, un atelier de capitalisation a réuni ce vendredi 27 février à Goma, au Nord-Kivu, différents acteurs pour évaluer les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces (analyse SWOT) de ce projet, pour préparer les prochaines interventions.

« Nous avons organisé cet atelier pour essayer de tirer tout ce qui est leçon apprise au cours de cette période, d’exposer les résultats de nos interventions et faire des recommandations pour de futurs projets », a laissé entendre M. Emmanuel Togoyaji, coordonnateur des projets d’urgence pour ALIMA en RDC.
Dans la zone de santé de Karisimbi, le Centre hospitalier Muungano La Résurrection ; le Centre de santé Kasika ; le Centre de santé Mungao ; Rafa, Majengo ; Amani ; et l’Hôpital général de référence de Virunga et dans le Nyiragongo, les Centres de santé de Kasizi et Kingarame ; et l’Hôpital général de référence de Kibumba ont bénéficié dudit projet.
L’objectif était de contribuer à la réduction de la morbi-mortalité des populations déplacées et hôtes dans les sept aires de santé identifiées, dans un contexte de crise humanitaire qui a entraîné la saturation des structures sanitaires et le pillage des stocks de médicaments.

Au cours du projet, des consultations curatives gratuites, le référencement de patients vers l’HGR Virunga et le Centre hospitalier Muungano La Résurrection, ainsi que l’appui aux activités préventives ont été réalisés.
« L’ONG ALIMA nous a offert des soins gratuits et cela a aidé la population à retrouver la santé universelle », a expliqué la Soeur Céléstine Muderhwa, gestionnaire du Centre hospitalier Muungano La Résurrection, se trouvant dans la commune de Karisimbi, en ville de Goma. « Avec l’ONG ALIMA, nos indicateurs ont monté et notre population a bénéficié. Nous avons sauvé des vies car il y avait ceux-là qui ne pouvaient pas se procurer des soins ».

Au lendemain de ce projet, le constat demeure préoccupant : les besoins restent importants dans les communautés bénéficiaires.
« Ce n’est pas le bon moment. Les besoins demeurent importants dans la communauté : les enfants malnutris, les femmes enceintes sans moyens existent encore. Pour le moment, nous avons les épidémies de choléra et de rougeole », a lâché Espoir Sanzumukiza, Infirmier titulaire du Centre de santé Kasika.

Dr. Josias Katungo, chef de bureau appui technique aux zones de santé à la Division provinciale de la Santé (DPS/Nord-Kivu) salue l’organisation de cet atelier qui pour lui, a permis aux différents acteurs de se remettre en cause dans la réalisation du projet.
« Ça nous aide à améliorer les prochains projets », indique-t-il, encourageant l’ONG ALIMA de poursuivre le projet pour faire face aux besoins. « Nous voulons qu’ALIMA propose aux bailleurs qu’on puisse prolonger le projet car les besoins restent énormes dans la zone de santé de Karisimbi ».
Répondant aux plaintes de bénéficiaires, l’ONG ALIMA promet de plaider auprès d’autres partenaires pour orienter les appuis à la zone de santé de Karisimbi, qui a accueilli des déplacés après la destruction des camps.
Guerschom Mohamed Vicci




