La journaliste Hariana Veras est vu de mauvais oeil par Kigali, en raison de ses questions à la Maison Blanche sur la situation sécuritaire et humanitaire en cours dans l’Est de la République démocratique du Congo, où le Rwanda est pointé du doigt pour som soutien à la rébellion de l’AFC-M23.
Pour les autorités rwandaises au travers leur ministre des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, il ne fait l’ombre d’aucun doute que la journaliste est payée par Kinshasa, ce qui justifierait ses questions.
« Aujourd’hui, nous découvrons qu’elle tenait un micro de la RTNC à la Maison Blanche ; pourtant, elle n’avait jamais révélé qu’elle était payée par Kinshasa », a écrit Olivier Nduhungirehe, dans une attaque directe contre la journaliste.
Le seul crime de Hariana Veras : c’est son combat dans la crise sécuritaire et humanitaire en cours dans l’Est de la RDC. Avoir pris le micro de la Radio télévision nationale congolaise (RTNC) dans une interview avec Donald Trump à la Maison Blanche, où elle est accréditée a été une goutte de trop et maintenant, exploitée par Kigali pour justifier cet acharnement sur la journaliste.
« Elle prétend parler au nom du peuple africain »à Washington. Pourtant, elle s’est rendue à Kinshasa à deux reprises en un an, où elle a rencontré le Président Tshisekedi », a écrit Olivier Nduhungirehe, avant de renchérir : »Elle a accepté un cadeau de sa part devant les caméras ».
La journaliste pose des questions qui fâchent : les crimes commis dans l’Est de la RDC ont trouvé une voix et Kigali n’est pas du tout »d’accord »
. « Ces derniers temps, elle arpentait le Capitole en posant des questions extrêmement partiales » a poursuivi le ministre rwandais des Affaires étrangères dans un tweet.
Depuis l’avènement de l’AFDL portée par Mzee Laurent-Désiré Kabila en passant par le RCD, le CNDP jusqu’aux deux versions du M23, des crimes ont été commis et le nom du Rwanda revient à chaque accusation portée tant par le Gouvernement congolais que par d’autres Organisations internationales.
De Kitingitingi en passant par les massacres de Hutus dans les camps de réfugiés autour de Goma, de Makobola jusqu’à Kishishe, des vies ont été fauchées, des rêves brisés, des générations décimées, des familles separées, des veuves et veufs, orphelins créés dans un silence électrique.
Le problème n’est cependant pas la journaliste Hariana Veras : c’est la vérité derrière ses questions et surtout, sa capacité a influencé, tenant compte de la voix auprès des décideurs américains au travers ses interventions à la Maison Blanche, au Capitole et Pentagone, de hautes sphères du pouvoir américain.
« Je maintiens fermement mon intégrité professionnelle de journaliste attachée à la vérité, à l’exactitude et à l’éthique journalistique », a réagi Hariana Veras sur son compte X.
Elle clame son indépendance et sa responsabilité dans chaque reportage, soulignant ne s’appuyer que sur les faits et des informations vérifiées, au travers des observations directes et des sources crédibles. »Je présente les faits en toute transparence et les laisse parler d’eux-mêmes ».
La Rédaction






