Les violences qui ont émaillé la province du Sud-Kivu durant ce mois de décembre, n’ont pas été sans conséquence. L’Organisation non gouvernementale « Dignité humaine organisation » (DHOrg) dans une déclaration documentant les violations de Droits de l’homme et du Droit international humanitaire (DIH) au Sud-Kivu rendue publique ce lundi 15 décembre, a répertorié au moins 199 civils tués et 203 blessés dans les territoires de Walungu, Kabare et Uvira.
Ces territoires ont été le théâtre des affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les Forces de défense nationale du Burundi (FDNB) et les résistants Wazalendo, et les rebelles du M23-AFC. Ce bilan couvre la période allant du 02 au 10 décembre.
Entre le 2 et le 4 décembre, les hostilités se sont déroulées sur les axes Katogota-Luvungi, Kaziba-Haut plateau et Kamanyola, des zones habitées selon l’organisation, et auraient coûté la vie à 31 personnes et fait 28 blessés civils. Durant ces combats, DHOrg indique l’utilisation d’armes explosives et des bombes, provenant soit des positions des Wazalendo ou du territoire burundais.
En date du 4, l’ONG rapporte qu’une attaque attribuee aux résistants Wazalendo contre l’École primaire Murhesa à Mudaka, dans le territoire de Kabare, aurait blessé trois écoliers et tué un jeune homme. Entre le 5 et le 7, au moins 74 civils et 83 blessés ont été enregistrés à Luvungi, Lubarika, Mutarule et Lemera, précise DHOrg. Dans le même intervallle, 86 civils qui revenaient du marché, ont été interceptés par l’armée Burundaise, les FARDC et les Wazalendo, dont 46 auraient été tués après avoir subi des menaces, des tortures et des viols de femmes.
D’autres cas ont été répertoriés entre le 8 et le 10 décembre lors des bombardements menés par l’armée loyaliste et ses alliés. L’ONG renseigne qu’au moins 38 civils ont perdu la vie, aux côtés de 89 blessés. À ceci, neuf personnes dont un journaliste de la Radio communautaire Kiliba FM, auraient été tuées près de la ville d’Uvira.
Hormis chiffres, Dignité humaine organisation s’inquiète des atteintes au Droit international humanitaire (DIH) par les belligérants, citant notamment l’occupation des écoles et des structures sanitaires, mettant en péril l’accès à l’éducation pour de nombreux enfants dont 391 000, qui se sont retrouvés privés du droit à l’éducation ; et privant les patients des soins.
L’organisation « Dignité humaine organisation » (DHOrg) appelle les parties prenantes aux conflits au respect du DIH, la libération « immédiate » de toutes les personnes détenues arbitrairement et la démilitarisation des écoles pour faciliter la reprise des activités scolaires et l’accès aux hôpitaux.
Dans le sens de la justice, DHOrg encourage l’ouverture des enquêtes indépendantes, impartiales et crédibles pour non seulement établir les responsabilités, mais aussi et surtout pour que les auteurs répondent de leurs actes et prévenir l’impunité dans ces zones.
Guerschom Mohamed Vicci




