À l’issue de la signature de l’accord-cadre de Doha entre le Gouvernement congolais et l’AFC-M23, Benjamin Mbonimpa laissait entendre que le chemin vers la paix était encore long, faisant allusion aux prochaines étapes des discussions.
Lors d’une conférence de presse de restitution animée ce jeudi 20 novembre à Goma, au Nord-Kivu, le Secrétaire permanent de l’AFC-M23 a indiqué qu’au stade actuel, rien n’est encore discuté sur l’accord de paix entre les deux parties, bien que des concessions ont été faites.
« Cet accord est le fruit de beaucoup de patiences et de concessions de la part de notre organisation », a lancé en luminaire Benjamin Mbonimpa. Néanmoins, jusqu’ici, « les négociations proprement dites n’ont pas encore commencé », a-t-il signifié.
Il a souligné que cet accord-cadre ne reprend que des « protocoles » qui feront l’objet des discussions « minitieuses », avant l’avènement d’un quelconque accord de paix.
Bien que sans aucun impact sur le terrain, l’accord-cadre du 15 novembre a une valeur ajoutée dans la résolution de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« Cet accord-cadre est le chemin vers le début de traitement des causes profondes du conflit », a précisé Benjamin Mbonimpa. « Il circonscrit de manière claire, les vrais problèmes auxquels font face les congolais et les défis de gouvernants ».
Cet accord-cadre signé le 15 novembre dernier, comprend huit protocoles dont le mécanisme de libération des prisonniers ; le mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu ; l’accès humanitaire et la protection ; la restauration de l’autorité de l’État, les réformes et la gouvernance participative nationale ; les arrangements sécuritaires intérimaires et le DDR ; l’identité, la citoyenneté, le retour et la reinstallation des réfugiés et des personnes déplacées ; la relance économique et les services sociaux ; et la justice, la vérité et la réconciliation.
Au travers cet accord, le Secrétaire permanent de l’AFC-M23 et chef de la délégation à Doha a précisé que le but des discussions est de répenser de fond en comble, faire la refondation de la République démocratique du Congo, soulignant la disponibilité de l’AFC-M23 pour la poursuite des pourparlers.
« Nous sommes prêts. Nous attendons que le médiateur nous appelle pour qu’on commence les discussions », a précisé Benjamin Mbonimpa.
Jusqu’ici, aucune date de reprise des discussions entre Kinshasa et l’AFC-M23 n’a été communiquée. Sur le terrain, les affrontements se poursuivent notamment dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, où les deux forces ont repris le chemin de combats malgré l’accord de cessez-le-feu.
Guerschom Mohamed Vicci




