À l’ère du numérique, l’intelligence artificielle (IA) s’impose désormais comme un levier incontournable dans tous les domaines, y compris celui de l’éducation. L’Université de Goma (UNIGOM) s’est inscrite dans cette dynamique en organisant ce mardi 14 octobre, une conférence-débat autour d’un thème d’actualité : « L’intégration de l’intelligence artificielle dans l’enseignement, l’apprentissage et la recherche ».
Étudiants, enseignants et chercheurs s’y sont réunis pour examiner les opportunités et les défis liés à cette révolution technologique.

Le professeur Jackson Sebigunda a ouvert les échanges en soulignant que l’intégration de l’IA dans l’enseignement supérieur n’est plus une option, mais une nécessité. Il a toutefois appelé à une utilisation mesurée et réfléchie de ces outils au sein de l’UNIGOM.
Déjà, des logiciels anti-plagiat sont utilisés dans l’institution, et de nouveaux dispositifs de détection de contenus générés par IA devraient prochainement être déployés. « L’intelligence artificielle est faite pour des personnes intelligentes », a rappelé le professeur, invitant la communauté universitaire à s’adapter de manière critique et responsable à ces technologies émergentes.

Le docteur Alfred Chasumba, médecin résident à Heal Africa, est intervenu sur le thème : « IA : quel avenir intellectuel et psychologique ? ». Il a mis en garde contre un usage excessif de l’intelligence artificielle, aussi bien dans les milieux académiques que professionnels et sociaux.
Selon lui, cette dépendance croissante n’est pas sans effet sur le développement intellectuel et psychologique des utilisateurs : « Nous avons cherché à comprendre comment le cerveau pouvait s’adapter à cette nouvelle réalité », a-t-il expliqué, projetant les impacts possibles de l’IA sur la cognition humaine dans les dix à vingt prochaines années.

Parmi les risques identifiés, le Dr Chasumba a cité la perte de rationalité, la dépendance cognitive et l’externalisation excessive du savoir, qui conduit l’esprit humain à se délester de certaines informations essentielles. Et d’avertir : « Sans connexion internet ni électricité, l’homme autrefois autonome risque de devenir inutile à lui-même et à sa société ».
Face à ces constats, il a plaidé pour l’adoption d’un code d’éthique et d’une réglementation claire encadrant l’usage des outils d’intelligence artificielle, afin de garantir un équilibre entre innovation et responsabilité.

Clôturant les travaux, le Professeur ordinaire Nzabandora Joseph, représentant du recteur et secrétaire général à la recherche de l’UNIGOM, a rappelé la nécessité de replacer la réflexion éthique au centre des pratiques universitaires.
« Les questions de responsabilité, de transparence et de sécurité doivent être au cœur de nos réflexions sur l’intelligence artificielle », a-t-il insisté.
Cette rencontre a ainsi permis à la communauté universitaire de Goma d’ouvrir un dialogue constructif sur l’avenir de l’éducation à l’ère de l’intelligence artificielle, entre innovation, prudence et humanisme.
Guerschom Mohamed Vicci




