Kinshasa – Alors que le président Félix Tshisekedi a lancé à Menkao la campagne agricole 2025, une voix issue de la société civile s’est élevée pour appeler à une approche plus inclusive. Thierry Mbala Nkanga, pasteur et entrepreneur engagé dans le développement communautaire, a adressé une lettre ouverte au chef de l’État, plaidant pour une véritable révolution par la base.
« Notre passion dans le secteur agricole nous a poussé à avoir un œil observateur sur le lancement de la campagne agricole que vous venez d’effectuer à Menkao. L’agriculture, considérée et toujours chantée comme priorité des priorités, a toujours été négligée alors qu’elle peut être le poumon du développement national », écrit-il.
Dans sa vision, l’avenir du pays se joue dans la jeunesse et dans la transmission des savoirs. Il appelle à introduire des cours d’agriculture dès l’école primaire, à imposer aux universités de développer des sites agricoles, et à former les militaires à des pratiques modernes. Pour lui, il s’agit de préparer une nouvelle génération de producteurs, capables de transformer le potentiel agricole en prospérité nationale.
La démarche n’est pas seulement théorique. Thierry Mbala insiste sur la force des initiatives locales : « Un fermier qui nourrit une famille peut nourrir un quartier ; celui qui nourrit un quartier peut nourrir une commune ; celui qui nourrit une commune peut nourrir toute une ville ».
Ce message, qui cite l’historien Joseph Ki-Zerbo – « On ne développe pas, mais on se développe » – s’inscrit dans une dynamique de responsabilisation des communautés. L’agriculture, rappelle-t-il, ne doit pas être un projet d’État géré de haut en bas, mais un mouvement collectif porté par des citoyens motivés.
À l’heure où la RDC cherche à diversifier son économie et à garantir sa sécurité alimentaire, cette lettre ouverte résonne comme un appel à mettre la jeunesse, les fermiers et les communautés au cœur de la transformation. « Donnez-nous ces tracteurs et accompagnez-nous », insiste-t-il, convaincu que la bataille contre la faim se gagnera par l’alliance entre l’État et les forces vives de la nation.
Claudine N. I. / Franck N. K.




