L’organisation Journaliste en danger (JED) a dénoncé au travers un communiqué ce jeudi 21 août, l’ « ingérence inacceptable » et « illégale » du M23-AFC dans le fonctionnement des médias dans les zones qu’ils contrôlent dans l »Est de la République démocratique du Congo.
Cette dénonciation fait suite à une réunion tenue lundi dernier à Bukavu, au Sud-Kivu, entre les responsables de radios, télévisions et médias en ligne et le chef de département de communication, des médias et postes de l’AFC/M23. Au cours de cette rencontre révèle le communiqué de JED, le porte-parole de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka a proféré des menaces de fermeture à l’encontre de médias, qui ne se conformeront pas à la réglementation imposée « unilatéralement ».
La nouvelle réglementation fixée par la rébellion, tient à la note circulaire n⁰33, qui impose une redevance annuelle, une autorisation de fonctionnement et une assignation de fréquence. Pour mettre en pratique les menaces, Lawrence Kanyuka a annoncé un détachement d’inspection durant les prochains jours, pour « forcer l’application de ces mesures », faute de quoi, ces médias seront fermés.
Dans le pire de cas, JED regrette que ces médias aient été interdits de relayer des informations « favorables » au Gouvernement, aux Forces armées de la République démocratique du Congo et aux résistants Wazalendo, évoquant le « principe de réciprocité » aux restrictions mises en place par Kinshasa.
Journaliste en danger critique cette violation des principes fondamentaux de la liberté de la presse, du pluralisme de l’information et du droit du public à être informé de manière équilibrée et indépendante.
L’organisation s’inquiète du fait que cette posture imposée par le M23-AFC, met en péril non seulement le travail, mais aussi la sécurité du journaliste dans une zone de conflits armés.
JED exige de ce fait le retrait « immédiat » des mesures coercitives imposées aux médias, la fin des menaces et intimidations contre les professionnels de médias du Sud-Kivu, et surtout, le respect du droit à l’information et de l’indépendance éditoriale des médias, même dans les zones occupées.
Guerschom Mohammed Vicci




