La Déclaration de principes signée le 19 juillet dernier entre le Gouvernement congolais et la rébellion du M23-AFC, connait des jours peu glorieux : la mise en oeuvre de cette signature, pourtant prometteuse, a été étouffée par les signataires.
Au lendemain du 19 juillet, tous les espoirs étaient calqués sur des dates clés se trouvant dans cette Déclaration : le 29 juillet fixé pour la mise en place d’un cessez-le-feu permanent pour faciliter la poursuite des discussions a été saboté, avec des combats signalés dans la province du Sud-Kivu entre le M23 et les résistants Wazalendo, alliés aux Forces armées de la République démocratique du Congo.
La libération des prisonniers qui devrait suivre dans le cadre des mesures de confiance, n’a pas suivi, bien que le Vice-premier ministre en charge de l’intérieur, Jacquemain Shabani ait affirmé lors d’un briefing de la presse à Kinshasa, que cela devrait arriver, avant de rétropédaler sur la RFI : ce processus devrait plutôt intervenir après la signature de l’accord de paix global.
La date du 08 août, initialement annoncée pour marquer le début des négociations qui devraient aboutir à la signature de l’accord de paix global, est passée dans un calme total. Lors d’une conférence de presse le 07 août à Goma, Bertrand Bisimwa, coordonnateur politique adjoint en charge des questions politique et diplomatique au sein de l’AFC-M23, a laissé entendre que la rébellion n’avait réussi aucune invitation de la médiation.
« Nous ne sommes pas à Doha parce qu’aucune invitation ne nous a été adressée jusqu’à présent. Il n’y a pas de délégation AFC/M23 à Doha », avait insisté Bertrand Bisimwa. Ce jour-là déjà, le Coordinateur adjoint avait plaidé pour la mise en oeuvre des engagements pris dans la Déclaration de principes, afin de faciliter la poursuite du processus de paix sous la médiation qatarie. « Nous pensons qu’il est important aussi que ce que nous avons convenu dans la Déclaration de principes, soit mis en oeuvre », avait-il souligné.
Le 17 août, date prévue pour la signature de l’accord de paix global, ne restera que deux chiffres (1 et 7) dans un livre, qui reste non lu. Aucune nouvelle date n’a filtré jusqu’ici pour une nouvelle rencontre entre Kinshasa et le M23, renforçant davantage le doute sur les prochaines étapes du processus.
Au lieu de mettre en pratique la Déclaration de principes, les deux parties n’ont cessé de s’accuser de renforcement des positions, accentuant des inquiétudes sécuritaires. Plus loin alors, les combats ont repris et le M23 a conquis de nouvelles entités telles que Kanyola, dans la province du Sud-Kivu.
La méfiance s’est accentuée et les accusations ne cessent de prendre des allures inquiétantes, tendant à amplifier le conflit. Les mouvements militaires sont signalés tant du côté M23 que FARDC avec des matériels, à lieu et place de créer une zone tampon de 10 kilomètres, telle qu’exigée dans la Déclaration de principes.
Des jours sombres se dessinent pour la suite du processus de paix. Les prochaines étapes dépendent en grande partie pour la mise en oeuvre des engagements et mesures inclus dans la Déclaration de principes. La confiance devra être établie avant, et le silence autour de ce processus témoigne de la reticence des uns et des autres – Kinshasa joue la montre et le M23 ralentit.
Guerschom Mohammed Vicci




